Le New-Age propose à l'adepte "d'élargir sa conscience". Il trouvera en même temps mieux-être personnel et accès à la
Connaissance.
Quelques techniques de base lui sont proposées pour cela : méditation, relaxation, yoga, sophrologie…
Le danger de la contemplation narcissique y est évident. Est-il besoin
de préciser que la sérénité naturelle induite par ces techniques (yoga,
zen, etc.) - qui provoquent la dissolution de la conscience personnelle
- n'a rien à voir avec la Paix surnaturelle de l'Esprit ? Celle-ci ne
nécessite pas un recours à des "techniques" humaines pour être
accueillie. Et il n'y a pas plus de
yoga chrétien qu'il n'y a d'
oraison
hindoue ou bouddhiste. Par ailleurs, les sensations du corps éprouvées
lors de ces séances de "relaxation" sont volontairement ou non
confondues par les pratiquants avec de soi-disant phénomènes spirituels…
Le New-Age ayant largement puisé dans les philosophies bouddhiste et
hindouiste les éléments constitutifs de ces techniques de méditation,
il semble important d'étudier succinctement mais précisément ce qu'il
en est véritablement en Orient.
Le Bouddhisme tout d'abord.
Pour le bouddhiste, la vie en ce monde est douleur. La seule quête spirituelle possible consiste donc à s'en échapper.
Dans son premier sermon à Bénarès,
Siddharta Gautama
devenu Buddha (= éveillé) dira qu'il faut arracher les hommes à la
souffrance, le seul moyen efficace pour parvenir à ce but étant
l'extinction du désir :
"L'extinction du désir, l'extinction de la
haine, l'extinction de l'illusion (causes ou fruits du désir), cela, ô
moines, est appelé l'absolu. [...] Ne te laisse pas abuser, Ananda, la
vie est une longue agonie. [...] N'attendez rien des dieux
impitoyables... Attendez tout de vous-mêmes, en n'oubliant pas que
chaque homme crée sa prison, et que chacun peut acquérir un pouvoir
supérieur à celui d'Indra lui-même." (Indra est le Roi des dieux
dans le védisme-hindouisme). L'homme étant défini comme son propre
maître, c'est donc par son effort personnel qu'il supprimera la
souffrance, en passant par l'extinction du désir.
Ashvaghosa, l'un des maîtres actuels du bouddhisme tibétain en
France, explicite ainsi l'idée de l'impermanence des choses, et de
l'illusion de la vie :
"Toute existence est comme une réflexion
dans un miroir, sans substance, un simple fantôme de l'esprit. [...]
Les idées cessant, le monde se termine aussi [...]. Tous les phénomènes
ont leur origine dans l'esprit et n'ont réellement aucune forme
extérieure : c'est une erreur de croire que quelque chose est là." Rien n'existerait donc en dehors de l'esprit.
Nagarjuna, autre maître du bouddhisme en France, va encore plus loin :
"L'océan
du sans formes est à la base de toutes les formes... Il n'y a ni
naissance ni mort, ni unité ni pluralité. Tout est illusion, tout est
Vide. Cette vacuité n'est ni l'être ni le non-être, ni le néant..." Il y a là identification du Vide et de l'esprit pur, dans l'unique Réalité.
On retrouve cette approche de la Réalité bouddhique dans le
Livre des Morts tibétains (Bardo-Thödol) :
"Tu
vas connaître la Réalité, dans l'état de Bardo où toutes choses sont
comme le ciel vide sans nuages (la Sagesse du Miroir), et où
l'intelligence nue et sans tache est comme une vacuité transparente
sans circonférence ni centre (la Sagesse du Vide)..."
Dans ce monde d'illusion, les dieux mêmes ne sont que création de l'esprit de l'homme :
"Puisses-tu
reconnaître que toute apparition (toute déité) est une réflexion de ta
propre conscience. [...] Puisses-tu ne pas craindre les troupes des
divinités paisibles et irritées qui sont tes propres formes-pensées."
Une dernière citation permettra de situer parfaitement la pensée
bouddhique relative à la nature de l'esprit. Nous l'emprunterons au
Lama
Denis Teundroup, disciple européen de Kalou Rinpoche, et "père-abbé" du monastère de Karma-ling (cité in "
Les Racines du Monde", de Jean Denis, 1993) :
"L'enseignement bouddhique propose la compréhension de ce qui est
intérieur à nous-mêmes : l'esprit. Le bouddhisme est donc ce qu'on peut
appeler une voie d'intériorité. [...] Cette pratique est fondée sur la
méditation, c'est-à-dire l'expérience d'une relation juste à notre vécu
intérieur et extérieur, à toutes nos expériences. [...] Nous portons en
nous la racine de nos conditionnements et de nos souffrances, tout
comme nous portons en nous l'éveil, la nature du Buddha, l'état
fondamental de l'esprit au-delà du jeu des projections de l'ego. [...]
Dans la méditation bouddhique, il n'y a plus ni sujet ni objet, mais
l'expérience immédiate d'une réalité non dualiste. Car ne n'est plus
l'intellect qui perçoit, mais une qualité énergétique particulière,
permettant l'unification de l'esprit par la libération des projections
conditionnées de l'ego.
La connaissance transcendante est la découverte de l'expérience non
dualiste en laquelle l'esprit est auto-connaissant, il est le sujet et
l'objet de sa propre connaissance. [...] Cette connaissance est au-delà
des concepts et au-delà de toutes les formulations.
Le pur esprit irradiant en lui-même est le corps de la divinité, une
luminosité vide, l'absence de toute fixation, tout comme l'expérience
de la lune dans l'eau. Son mode d'être essentiel est vacuité, liberté
vis-à-vis de toutes les catégories du mental. [...] Sans origine, sans
fin et sans localisation spatiale, elle est immortelle, c'est
l'intelligence fondamentale, la merveille des merveilles."
Ne perdons jamais de vue la différence entre ces deux termes : fusion
et union, celui-ci supposant deux objets à unir, principe de la dualité.
On voit donc ici affirmée le principe de la non dualité, associé à
l'état de vacuité qui caractérise la pureté acquise de l'esprit.
Nous sommes bien aux antipodes du christianisme. Mais retenons ces
formulations : elles seront reprises (et déformées) par tous les
gourous new-age...
L'Hindouisme ensuite.
Nous retrouvons la notion de non-dualité, mais cette fois dans l'intime
identification entre le Soi (le moi profond de l'être humain, l'âtman
selon le terme hindou sanskrit) et l'Esprit immortel, le Principe
Unique, l'Absolu : le Brahman. L'
Upanishad, écrit du VIII° siècle avant Jésus-Christ, définissait ainsi cette double "qualité" du Brahman :
"Il
y a en vérité deux aspects du Brahman : le corporel et l'incorporel, le
mortel et l'immortel, le fixe et le mobile, le sensible et le
transcendant." (2, 3, 1).
Pour parvenir à saisir cette unicité au plus profond de lui-même,
l'hindou est appelé à pratiquer le yoga, discipline qui lui ouvre le
chemin de l'intériorité.
Shankara écrit ainsi au VIII° siècle de notre ère :
"Le Soi est Brahman [...] le Soi est tout cet univers. Rien d'autre n'existe que le Soi... Je suis Brahman !" ("
Shankara et le Vedanta" de Paul Martin-Dubost, Paris, Le Seuil, 1973).
Et cette identification à l'Absolu atteint son sommet dans les lignes qui suivent, extraites d'un poème de Shankara :
"Je
ne connais ni la mort, ni le doute, ni les distinctions de castes.
Point de père, point de mère. Je n'ai jamais pris naissance. Je n'ai
aucun ami, aucun parent, point de maître, point de disciple. Je suis
Intelligence et Félicité pures..." (op. cit.) Etre, Intelligence et Félicité (Sac-Cid-Ananda), triple qualité du Brahman, unifié ici au Soi de Shankara.
Un autre élément de la croyance hindoue est à prendre en compte : le samsara, principe de la réincarnation. Dans la
Bhagavad-Gita, Vishnu - créateur et destructeur des cycles du monde - s'exprime ainsi :
"Les
mondes sont assujettis aux retours [..]. Quand on sait que la durée
complète d'un "jour de Brahman" est de mille éons, et de mille éons sa
nuit, on connaît vraiment ce qu'est un cycle cosmique. [...] Cette
multitude des êtres, lorsqu'elle est venue encore et encore à
l'existence, se résorbe malgré soi, quand vient "la nuit" ; elle surgit
à nouveau quand revient "le jour"." (VIII, 16-19). Cycle des
mondes, cycle de la vie des êtres. Toujours dans la Bhagavad-Gita, est
explicité ce retour incessant à l'existence :
"En vérité, jamais ne
fut le temps où je n'étais point, et plus tard ne viendra pas celui où
je ne serai pas. Comme l'âme passe physiquement à travers enfance et
jeunesse et vieillesse, ainsi passe-t-elle à travers les changements de
corps. Le sage ne s'y trompe pas. [...] Les corps ont une fin ;
l'esprit qui s'y incarne est éternel, indestructible, incommensurable.
[...] A la façon d'un homme qui a rejeté ses vêtements usagés et en
prend d'autres, neufs, l'âme incarnée, rejetant son corps usé, voyage
dans d'autres qui sont neufs. [...] En vérité, pour qui est né, la mort
est certaine et certaine la renaissance pour qui est mort..." (II, 12-13, 18, 22, 27)
Notons au passage que pour ce qui concerne la connaissance de ces vies
antérieures, très en vogue dans tous les mouvements New-Age,
hindouistes et bouddhistes restent extrêmement réservés. Tel le Lama
Denis Teundroup déjà cité, qui rappelle que
"en
ce qui concerne les souvenirs des vies antérieures que prétendent avoir
les êtres ordinaires, le bouddhisme demeure très réservé. Il n'est pas
possible de distinguer ce qui peut être authentique de la pure
affabulation ou hallucination. Dans le doute, mieux vaut traiter ce
genre de phénomènes comme des projections illusoires, ce qui évite de
délirer." (cité in "
Les Racines du Monde", de Jean Denis, 1993).
Les Maîtres du New-Age n'étant pas des "êtres ordinaires", il est bien
évident qu'ils peuvent ne pas se sentir concernés par cette prudente
mise en garde...
On l'aura compris, cette perspective de réincarnations infinies n'a
rien de réjouissant. Les philosophies orientales ont donc axé la quête
de l'être humain sur la Délivrance de cet enchaînement (au sens strict
du terme) des réincarnations. Cette délivrance est appelée moksha.
Reprenons la
Bhagavad-Gita :
"Les
sages adonnés à la vigilance, détachés du fruit des actes, sont libérés
du lien des renaissances [...]. L'homme qui, abandonnant tout ses
désirs, va et vient, libre d'attachement, ne dit plus : C'est à moi, ni
Je ; celui-là accède à la paix [...], ne s'égare plus [...] ; à l'heure
ultime il atteint le Brahman." (II, 51, 71-72)
"Ceux pour qui la
connaissance détruit l'inconnaissance, pour eux la connaissance tel un
soleil, illumine la réalité suprême. Tendus vers elle d'un esprit
vigilant, s'identifiant à elle, ayant en elle leur fin ultime, ils
arrivent à l'état où il n'y a plus de retour [...]. Le Sage, tendu vers
la Délivrance, sa fin ultime, est dépris du désir, de la crainte, de la
colère ; il est libéré à jamais." (V, 16-17, 27-28).
La quête spirituelle de l'oriental consiste donc à échapper à la roue
des réincarnations. Au bout du voyage : le Vide pour le bouddhisme, et
la fusion avec le Brahman pour l'hindouisme.
Il peut évidemment sembler étrange qu'une telle perspective ait pu
trouver écho en Occident, mais comme nous avons commencé à le voir,
pour masquer la lourdeur de cette loi implacable, les porte-parole du
mouvement New-Age n'ont pas manqué d'arguments... tous aussi fallacieux
que trompeurs.
Revenons donc à leur écoute.
Méditations Nouvel Age
L'individualisme spirituel qui caractérise ces pratiques de méditation
présentées par les groupements New-Age, est toujours masqué par un
vocabulaire chatoyant, qui enveloppe d'un papier cadeau rutilant ces
méditations "unifiantes", censées agir pour le mieux-être de la planète
tout entière. Un succédané de charité, passive, édulcorée, et de
surcroît pratiquée à distance !
En voici un exemple, avec la "Méditation du Pissenlit" proposée par
Daniel Meurois
sur son site internet (http://pro.wanadoo.fr/bdvrevue/Pissenlit.html).
On y retrouve les incontournables références au passé lointain et
inconnu (les "
peuples du soleil"), les termes empruntés à l'Orient ("
prâna",
mot qui désigne dans le monde hindouiste l'ensemble des énergies qui
circulent en l'homme), et les formulations habituelles du New-Age ("
ouvrez votre âme", "
l'écran de votre conscience", "
visualisation", "
harmonie", etc.) :
"Voici une vieille façon d'agir utilisée autrefois chez les peuples
du Soleil. Ce n'est pas une technique mais un moyen d'ouvrir la
nouvelle ère du Don. Nous la nommons la Méditation du pissenlit. Elle
voyagera à nouveau de poitrine en poitrine.
Voici : asseyez-vous à même le sol et les pieds déchaussés. Lorsque
vous serez calme et relaxé, ouvrez votre âme, écoutez le silence et
sentez la lumière du prana tourner autour de vous.
Ensuite, commencez à projeter sur l'écran de votre conscience la sphère
duveteuse d'un pissenlit prêt à essaimer. Visualisez bien les milles
graines dans toute leur perfection et chargez chacune d'elles de toutes
les qualité dont la Terre a soif.
Ainsi rayonneront la graine de l'harmonie, celle de la tolérance, de
l'amour inconditionnel, de la Paix et de tous les trésors qu'un cœur
peut contenir et générer.
Lorsque la sphère duveteuse sera ainsi chargée de ces messages, avec
votre "souffle intérieur", éparpillez-les et voyez-les se disséminer à
travers les cieux des cent contrées de la Terre et y déverser leur
suc..."
Cette émission à distance de "bonnes vibrations", "d'ondes
harmonieuses", "d'énergie positive"… remplace ainsi avantageusement
pour l'adepte du New-Age l'épuisante charité du christianisme, qui a
fait se dévouer depuis des siècles auprès des plus pauvres des St
Vincent de Paul, Mère Teresa, curé d'Ars et tant d'autres encore…
"Moi d'abord" : si je vais bien, le monde ira mieux, donc je ne
m'occupe que de moi. Voilà ce dont on a convaincu l'adepte, qui ne doit
avoir pour seule préoccupation que son bien-être, son évolution
spirituelle, son destin. Et plongé dans cet égocentrisme spirituel, le
"new-ager" est bien persuadé d'aimer l'humanité entière…
Par ailleurs, notez qu'au cours de cette méditation, c'est le cœur qui
génère de lui-même les trésors d'amour qu'il va diffuser autour de lui…
L'homme est considéré comme un petit dieu, capable de toutes les
merveilles, de toutes les réalisations, de tous les "possibles". Cette
auto-déification est une constante nous l'avons dit de la philosophie
New-Age. Elle rejoint ici la philosophie hindouiste, qui recherche la
fusion du Moi et du Soi, refusant toute idée de dualité (d'altérité),
et donc d'un rapport Créateur – créature. C'est la raison pour laquelle
il n'est jamais question de Dieu dans les doctrines New-Age, mais tout
au plus de la "Divinité", vaste concept indéfinissable, que les
différents "gourous" se gardent d'ailleurs bien de préciser davantage…
Egalement empruntée à l'Orient, une affirmation telle que
"Ce que vous vivez sur terre, n'est qu'illusion", trouvée sur le site de
L'éveil à la conscience
(http://net.addr.com/eveil/index.htm) (dont le logo est un magnifique
arc-en-ciel…). Sur ce même site, on trouve d'autres citations telles
que :
"Au sujet de vos croyances : Vous croyez à certaines choses
mais des quantités de gens croient complètement autre chose et même le
contraire. Les croyances ne sont pas la réalité. Tous ceux qui
deviennent conscients découvrent la réalité." Autrement dit, votre foi ne vaut rien, puisque d'autres personnes ont une foi différente de la vôtre…
"Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif »." (Jean 6, 35)
"« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle »." (Jean 6, 47)
"Jésus l'a dit, il l'a clamé : « Qui croit en
moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé. […]
Moi, lumière, je suis venu dans le monde pour que quiconque croit en
moi ne demeure pas dans les ténèbres »." (Jean 12, 44-46)
On y lit aussi :
"La
connaissance est pratique, concrète et vécue. La connaissance est
l'expérience d'une certaine réalité. La connaissance vécue par
l'expérience directe procure la conscience." … Comment ne pas avoir pitié de cet auteur, qui ignore que
"l'amour du Christ surpasse toute connaissance" (Ep 3, 18) !
Ce même site propose tout un panel de méditations ("
méditation sur l'opulence", "
méditation sur la lumière dorée", "
méditation avec le symbole de la pyramide"), et de nombreuses méditations suggérées par les "Etres de Lumière"… Particulièrement remarquable est la "
Méditation Merkabah", qui permet, après une longue séance de "toucher de doigt" et de respirations cadencées en 7 secondes, de pénétrer dans les
"vibrations de la 5° dimension" (la quatrième dimension est complètement dépassée !). mais parvenu à ce degré,
"L'Energie est multipliée par mille, mais attention aux pensées, elles sont très puissantes."… Ah, la puissance de la pensée, voilà décidemment un appât bien classique, sous couvert de charabia ésotérico-magique !
Sur le site
Shakti (http://perso.wanadoo.fr/revue.shakti/pres.htm),
"Revue
encyclopédique de spiritualité, élaborée dans le respect de toutes les
religions et à la lumière des enseignements ésotériques" (mais typiquement New-Age !), il nous est proposé cette citation de Saï Baba :
"Si
l'homme désire transformer sa vie intérieure comme extérieure en une
vie de splendeur, la méditation est la meilleure discipline spirituelle
qu'il puisse adopter." Notez bien : la méditation, pas la prière. Sur ce même site, l'on nous rappelle que méditer, c'est
"simplement être, sans activité, sans pensée, sans émotion." (Osho Rajneesh, in "
Techniques de méditation"). Et la citation suivante de
Benjamin Creme (né en 1922, l'une des références incontournables aujourd'hui du Nouvel Age), précise ce qu'il en est (in "
La Transmission, une méditation pour le Nouvel Age") :
"La
prière dans sa forme ordinaire est l'expression d'une supplication
habituellement manifestée par l'intermédiaire du plexus solaire. Dans
sa forme la plus élevée, la prière est aspiration ; plus l'aspiration
est élevée, plus elle fait appel à l'activité du cœur. La méditation est une méthode visant à faire passer la personnalité sous le contrôle de l'âme. Par la méditation, un pont est édifié entre le cerveau physique et l'âme".
La prière, acte d'amour. La méditation, oubli du cœur. Au-delà du
jargon ésotérico-new-age de l'auteur, on ne pouvait mieux résumer
l'antinomie de la pratique chrétienne et de celle du Nouvel Age !
On retrouve également sur cette page internet de nombreuses allusions au "
Traité sur la Magie Blanche" d'
Alice Bailey, qui fait également référence dans ce milieu.
Plus instructive sur ce site est la présentation des différentes formes de méditations : "
méditation Zen", "
Kriya Yoga", "
méditation transcendantale", "
méditation de transmission", "
méditation sur la Lumière", etc..
Notons au passage que le Yoga semble avoir été introduit en France dès
les années 1930 par un certain Félix Guyot (1880-1960), qui venait de
publier à Londres sous le pseudonyme de
C. Kerneiz
un ouvrage intitulé "Yoga for the West" (Rieder, London). Il publie à
Paris des articles dans la revue "Le Lotus bleu" (organe de liaison de
la Société Théosophique), et tient la rubrique astrologique du "Journal
de la Femme". C'est à la même époque que Jean Herbert (1897-1980) fait
connaître en France les "Maîtres" de l'Hindouisme. Les cours dispensés
par Kerneiz rencontrent un grand succès, cours destinés comme il le
déclare lui-même dans la préface de son livre
"à celui qui, en
désaccord fondamental avec son milieu, douloureusement insatisfait de
la vie tant dans ce qu'elle lui donne de bon que dans ce qu'elle lui
donne de mauvais, a ressenti l'appel de l'Absolu"… L'expression
"douloureusement insatisfait de la vie"
sera reprise par les marchands de stages, ateliers, conférences et
initiations de tout poils, nous le verrons au chapitre
"maladie-guérison".
L'on apprend donc sur ce site internet cité plus haut que dans la "Méditation transcendantale",
"l'énergie provient d'un Maître de la Hiérarchie, comme Guru Dev par exemple",
qu'elle a été introduite en occident par Maharishi Mahesh Yogi, et
qu'elle aurait 4 millions d'adeptes dans le monde entier, dont 50.000
en France… On devient pratiquant à la suite d'une cérémonie
d'initiation, au cours de laquelle est attribuée
"les yeux dans les yeux"
un "mantra", qui sera aussi personnel que secret… "Initiation",
"secret", voilà les mots choisis pour attirer l'adepte potentiel. Mais
pour compléter l'attirail, l'accès aux pouvoirs surnaturels est
indispensable :
"La méditation peut, selon le niveau du méditant, engendrer des phénomènes "surnaturels" décrits par Patanjali (puissance, omniscience, invisibilité, lévitation...).""Vous serez comme des dieux…" (Gn 3,5) !
Dans la "Méditation de transmission" signalée plus haut –
"méditation de service tournée vers l'humanité dans son ensemble",
"L'énergie est contrôlée par les Maîtres de la Hiérarchie. Elle est disponible dès la récitation de la Grande Invocation... L'essentiel du travail est accompli par les Maîtres."
Nous expliciterons cette référence à la "Hiérarchie" un peu plus loin.
Qu'est-ce que cette "Grande Invocation" ? Un ersatz de prière, divisé
en strophes, où l'on lit des phrases telles que
"Du point de Lumière dans la Pensée de Dieu, que la lumière afflue dans la pensée des hommes",
"Que le dessein guide le faible vouloir des hommes, le Dessein que les Maîtres connaissent et servent",
"Que Lumière, Amour et Puissance restaurent le Plan sur la Terre."… Et
Benjamin Creme de conseiller, en récitant la Grande Invocation,
"de visualiser le Bouddha pour la 1ère strophe, le Christ pour la seconde et une boule de lumière blanche pour la troisième"… On voit apparaître pour la première fois cette "Invocation" dans "
L'état de disciple dans le Nouvel Age" d'
Alice Bailey, livre qu'elle a rédigé comme tous les autres sous la dictée d'un "Guide spirituel invisible",
Djawhal Kuhl,
"grand esprit de la Fraternité Blanche Universelle".
Cette invocation y est présentée comme étant appelée à remplacer le
"Notre Père"… Le dernier ouvrage qu'Alice Bailey écrit sous la dictée
de D.K. se termine par cet appel :
"Puissent la lumière, l'amour et le pouvoir briller sur votre chemin, et puissiez-vous, en temps voulu et le plus tôt possible, vous tenir devant l'Initiateur…"
"Initiation", "pouvoir" : nous sommes toujours dans ce même schéma
d'une ascension forcée, où sous couvert d'amour universel, on amène
l'adepte sur ce terrible chemin de l'orgueil spirituel…
Peut-être plus grave encore – mais il semble n'y avoir pas de limite dans ce domaine que nous avons abordé… - est la "
Méditation sur la lumière", proposée par
Saï Baba.
Inutile de détailler le long déroulement de cette méditation. Signalons
seulement que le méditant la conclut par cette affirmation, énoncée
lentement :
"Le Père et Moi sommes un, Je suis un avec Jésus et
avec le Père, Je suis Divin, Je suis Celui qui Suis : SO-HAM SO-HAM
SO-HAM, JE-SUS JE-SUS JE-SUS." Est-il nécessaire de rappeler que
"Je suis celui qui suis" est la traduction (si tant est que cette
traduction soit possible…) des quatre lettres hébraïques du Tétragramme
sacré, du Nom imprononçable de Dieu, qu'entendit Moïse sur le Mont
Sinaï ?
Nous reparlerons de Saï Baba un peu plus loin.
"Quand je parlerais les langues des hommes et
des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'airain qui sonne et
cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je
connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la
plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai
pas la charité, je ne suis rien…" (1 Cor 13, 1-3)
Signalons encore le "
site de Jésus-Christ" (http://www.lechrist.net/siteFRF/sitechristFR.htm), site
"purement divin", qui
"vous
propose de vivre un moment énergétique privilégié avec celui qui 2000
ans après fait encore parler de lui tellement son passage a marqué les
humains". Sur ce site est proposée une méditation mensuelle,
"face à l'est, séance vibratoire de 20 mn maximum. Ne manquez pas de rendre Grâces à la Divinité pour ce moment Divin". Le texte de la méditation est court, tel celui-ci :
"Merci Christ de m'avoir libéré de toutes mes illusions", texte sous lequel est précisé que
"L'année
2002 correspond à l'année chinoise, Cheval Eau, l'année la plus
prospère de l'astrologie chinoise. Cette année Cheval Eau ne revient
que chaque 59 ans." A noter que l'on retrouve ces même phrases sur le site internet (http://www.eileen-caddy.net/francais/) d'
Eileen Caddy
(voir plus loin), dont celui-ci dépend directement… Avec une adresse
internet qui mentionne explicitement le Christ (lechrist.net), le piège
est plus grand encore…
Quelques sites s'annonçant comme "catholiques" n'échappent pas à cette
tentation du syncrétisme, et aux pièges tendus par la vague du Nouvel
Age. Témoin ce site
(http://perso.wanadoo.fr/famille.delaye/Textes/fenetre_ouverte.htm) où
l'on trouve après des pages d'Evangile, des Psaumes et des citations de
saint Jean de la Croix, d'autres textes bien loin du catholicisme,
parmi lesquels "
Bouddha vivant, Christ vivant" de Thich Nhat Hanh (
"le
bouddhisme n'est fait que d'éléments non-bouddhiques, dont les éléments
chrétiens, et le christianisme est fait d'éléments non-chrétiens, dont
des éléments bouddhistes" …
"Quand nous
sommes calmes, quand nous regardons profondément en touchant la source
de notre vraie sagesse, nous touchons le Bouddha vivant et le Christ
vivant en nous-mêmes et en chaque personne que nous rencontrons"…), quelques "logions" de l'Evangile apocryphe de Thomas, ou encore ce texte de
Krishnamurti (1895-1986) dont nous reparlerons plus loin, concernant précisément la méditation :
"Ecoutez le mouvement de vos pensées ; ne les contrôlez pas, ne les façonnez pas, ne dites pas : "Celle-ci est bonne, celle-là est mauvaise." Mais accompagnez-en le mouvement. C'est cela, la conscience dénuée de tout choix, de toute condamnation, comparaison ou interprétation, et qui n'est qu'observation. Voilà qui rend l'esprit hautement sensitif."
Nous sommes là dans une autre constante du New-Age : si le Bien et le
Mal sont reconnus dans l'Absolu, ils n'ont aucune existence sur le plan
relatif. Voilà qui explicite un peu mieux encore le succès rencontré
par cette philosophie du Nouvel Age… Mais à qui peut profiter cette
suppression de la distinction entre le bien et le mal, sinon au maître
du Mal lui-même…?
"Les exercices corporels, eux, ne servent pas
à grand-chose : la piété au contraire est utile à tout, car elle a la
promesse de la vie, de la vie présente comme de la vie future." (1 Tim 4, 8)
Il y a, c'est exact, bien des étapes, des degrés, sur le chemin de
l'amour. Mais nul besoin d'initiation pour les parcourir : ce
cheminement – qui est aussi un "dépouillement" - s'accomplit au fur et
à mesure de notre abandon confiant entre les mains du Père, sur les pas
de Jésus-Christ sur le chemin de la Croix. Ce n'est pas la connaissance
qui fait grandir, c'est l'Amour !
"Si tu es unifié, tu seras unifiant ; si tu es pacifié, tu seras pacifiant.
Aime-toi humblement et fièrement de l'amour dont Dieu t'aime,
et à partir de là, aime ton prochain comme toi-même.
Aime-toi jusqu'à l'oubli de toi.
Il y a l'amour qui reçoit, l'amour qui partage, l'amour qui donne,
l'amour qui se donne, et enfin l'amour qui s'immole. Dieu t'attend
jusque là." (Frère Pierre Marie, Supérieur des Fraternités monastiques
de Jérusalem, in "
Le Livre de Vie").
"Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera" (Mat 10, 39 & 16, 25 – Marc 8, 35 – Luc 9, 24 & 17, 33).
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jean 15, 13).
Il est également important de bien noter la différence entre l'
extase et l'
enstase, telle que les définissait très bien Mircea Eliade : dans l'
extase, le mystique est "ravi" hors de lui-même vers le Bien-Aimé. Dans l'
enstase,
l'adepte rentre complètement en lui-même, pour atteindre l'expérience
impersonnelle du pur acte d'exister. L'extase appartient à la mystique
chrétienne, l'enstase est spécifiquement "new-age".
"Apprends à rechercher toutes les réponses en toi" lit-on dans "
La petite voix" d'
Eileen Caddy (titre original : "
Opening Doors Within").
"Eileen Caddy est une référence pour tous ceux qui veulent accéder à une nouvelle conscience" lit-on sur la page d'accueil de son site internet. On y trouve surtout une véritable invitation à rejoindre le Nouvel Age :
"Un
nouveau concept est comme une graine plantée dans la chaleur de ta
maison. La graine ne peut être retirée directement de cette atmosphère
tant qu'elle n'est pas assez forte pour être plantée là où elle doit
résister aux éléments extérieurs. Il en est de même avec un nouveau
concept: il ne peut être sorti comme un lapin d'un chapeau par un
prestidigitateur. Lui donner substance et forme prend du temps. Il doit
être testé sur un petit nombre avant de pouvoir être donné à tous. Cela
demande un grand amour et une grande patience; cela demande de la
consécration et du dévouement. Ce processus est ce qui se passe en ce
moment avec le Nouvel Age. C'est tout neuf. Beaucoup de nouvelles idées et de nouveaux concepts sont en train de naître, et chacun doit être testé, compris, aimé et chéri. Si tu es un pionnier du Nouvel Age, tu dois être prêt à aller de l'avant sans peur et être prêt à essayer le plus neuf du neuf."
Tout tenter, et ne rien craindre dans le domaine de l'expérimentation…
Voilà la porte ouverte à tous les dangers, sous couvert de "dévouement"
à la cause de l'ère nouvelle. A qui profite le crime ?
De même
Paolo Coelho invite-t-il son lecteur à suivre sa "
légende personnelle" dans "
L'Alchimiste"
(1994), livre vendu à près de 10 millions d'exemplaires et traduit en
trente-quatre langues... Vous noterez au passage que la première scène
de ce livre se déroule devant une petite église en ruine, image bien
révélatrice de la pensée de l'auteur :
"Le toit s'était écroulé
depuis longtemps et un énorme sycomore avait grandi à l'emplacement où
se trouvait autrefois la sacristie…" Et un peu plus loin il ajoute :
"Il avait étudié la théologie, mais connaître le monde, c'était là quelque chose de bien plus important que de connaître Dieu ou les péchés des hommes." Voilà l'intention clairement posée ! Revenons à la "Légende personnelle" :
"Le
jeune homme ne savait pas ce que voulait dire "Légende Personnelle".
"C'est ce que tu as toujours souhaité faire. Chacun de nous, en sa
prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle. A cette époque
de la vie, tout est clair, tout est possible, et l'on n'a pas peur de
rêver et de souhaiter tout ce qu'on aimerait faire de sa vie.
Cependant, à mesure que le temps s'écoule, une force mystérieuse
commence à essayer de prouver qu'il est impossible de réaliser sa
Légende Personnelle. […] Il y a une grande vérité en ce monde : qui que
tu sois et quoi que tu fasses, lorsque tu veux vraiment quelque chose,
c'est que ce désir est né dans l'âme de l'Univers. C'est ta mission sur
la Terre.[…]. Accomplir sa Légende Personnelle est la seule et unique obligation des hommes. Tout n'est qu'une seule chose. Et quand tu veux quelque chose, tout l'Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir..."
Voilà le seul chemin offert à l'homme : assouvir ses désirs… Tel est le
condensé de ce message qui a fait le tour du monde… terrifiant !
"Relâche-toi et laisse-Moi prendre les rênes. Pourquoi ne pas jouir de la vie ?" insiste la "
Petite Voix" d'
Eileen Caddy.
Comment résister à une philosophie aussi permissive, qui prône la
jouissance passive et l'autosatisfaction ? L'hédonisme reste
sous-jacent dans bien des aspects de la philosophie Nouvel-Age :
priorité accordée au plaisir et à la liberté sans frein, au mépris de
toute morale, naturelle ou chrétienne. Et tandis que les médias se
pâment d'admiration devant ces livres, l'on s'étonne de voir la
jeunesse braver toute forme d'autorité et réclamer toujours plus de
liberté et moins de contraintes…
On pourra lire avec intérêt sur ce sujet "
Hédonisme ou Christianisme ?"
de Maurice Caillet, médecin, chirurgien, et ancien franc-maçon, qui a
vécu à 50 ans un retournement "inattendu" de sa vie en découvrant le
message libérateur de l'Evangile…
Sainte Thérèse de Lisieux disait de la prière qu'elle est un "dialogue
d'amour avec Dieu", et le Padre Pio "un cœur à cœur avec Dieu". Est-il
besoin de techniques pour apprendre à aimer ?
Maîtres invisibles
&
Royaumes secrets
C'est le baron von Hund, fondateur de la Stricte Observance Templière, qui invente en 1756 les Supérieurs Inconnus
: ce sont des sages tout-puissants auxquels sa société est censée
obéir. Cette notion de hiérarchie occulte va dès lors se propager
rapidement, offrant à toutes les doctrines personnelles une légitimité
"supérieure" et une portée universelle.
On les retrouve ainsi à la fondation de la Société de Théosophie aux USA en 1875, Société fondée nous l'avons vu par Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891) et le colonel Henry Steel Olcott (1832-1907). Dans son premier ouvrage ("Isis dévoilée"), H.P. Blavatsky fait état de communications transmises par des êtres mystérieux, gardiens des vérités oubliées, ces fameux Supérieurs Inconnus. Dans son deuxième ouvrage ("La Doctrine Secrète"), emprunté cette fois aux littératures hindouistes et bouddhiques, les Supérieurs Inconnus sont remplacés par les Maîtres Invisibles, vivant dans un sanctuaire sacré de l'Himalaya : le royaume de Shamballa (Il s'agit en fait dans la tradition bouddhiste de la terre mystérieuse des Bouddhas).
Ce royaume de Shamballa sera exploré et détaillé par Alice Bailey (1880-1949). Très marquée par la théorie des Maîtres Invisibles, elle affirme être en contact avec l'un d'entre eux, Djawahl Khul,
qui lui dictera par télépathie pas moins de 18 ouvrages, qui font
toujours référence dans de nombreux groupes New-Age. Elle écrit en
septembre 1939 ces lignes pour le moins inquiétantes (La situation générale sur terre, in "L'Extériorisation de la Hiérarchie") : "La
force de Shamballa est active chez tous, car elle produit la fédération
et la synthèse (…). Les hommes qui inspirèrent et commencèrent la
révolution française ; le grand conquérant, Napoléon ; Bismarck, le
créateur d'une nation ; Mussolini, qui a
régénéré son peuple ; Hitler, qui a porté sur ses épaules un peuple en
détresse ; Lénine, l'idéaliste ; Staline et Franco, sont tous des
expressions de la force de Shamballa et de certaines énergies peu
comprises. Ils ont opéré des changements significatifs à leur époque et
pour leur génération, ils ont modifié la face de l'Europe
et, par contrecoup, affecté l'Asie ainsi que les attitudes
conditionnant la vie et la ligne de conduite politique de l'Amérique." Elle se trouvera bien obligée de changer radicalement d'avis moins d'un an plus tard…
Louis Jacoliot (1806-1890), contemporain de Blavatsky, parle semble-t-il le premier du palais secret des Brahmâtmâ, chef suprême de tous les initiés : l'Agarttha (traduction d'un terme du bouddhisme : mahayânâ).
Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909) reprend cette idée et dévoile à son tour dans un ouvrage publié après sa mort (en 1910 : "Mission de l'Inde en Europe" – le titre est tout un programme !) l'existence d'une cité souterraine appelée l'Agarttha, siège du "Souverain Pontife", "support des âmes dans l'Esprit de Dieu". Il est évident qu'excepté les plus hauts initiés, personne n'a jamais vu face à face le Souverain Pontife de l'Agarttha… "Pourtant,
dans certaines cérémonies bien connues, à Jaggernat, par exemple, il
apparaît aux yeux de tous dans Ses splendides vêtements. Monté sur son
éléphant blanc, il ruisselle, depuis sa tiare jusqu'à Ses pieds, d'une
lumière éblouissante qui aveugle tout regard, dans les scintillements
semblables qui L'entourent. Mais il est impossible de distinguer Ses
traits parmi ceux des autres pontifes, car une frange de diamants
réfléchissant tous les feux du Soleil voile Son visage d'un
flamboiement." L'Agarttha, ce lieu aussi sacré que secret est "indépendant,
synarchiquement organisé et composé d'une population s'élevant à un
chiffre près de vingt millions d'âmes. (…) Autour du territoire sacré
et de sa populations si considérable déjà, s'étend une confédération
synarque de peuple, dont le total s'élève à plus de quarante millions
d'âmes. (…) L'Agarttha tout entière est une image fidèle du Verbe éternel à travers toute la Création.
(…) Les bibliothèques qui renferment le véritable corps de tous les
arts et de toutes les sciences antiques depuis cinq cent cinquante-six
siècles, sont inaccessibles à tout regard profane et à tout attentat.
(...) Seul, le Souverain Pontife de
l'Agarttha avec ses principaux assesseurs, (...) rassemble tout entier
dans sa totale connaissance, dans sa suprême initiation, le caractère
sacré de cette bibliothèque planétaire."
"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux." (Mat 5, 3)
L'information est reprise par Ferdinand Ossendowski (1876-1944) dans son livre "Bêtes, Hommes et Dieux", publié en 1924. On y découvre de nouvelles descriptions : "La
capitale d'Agharti est entourée de villes où habitent des grands
prêtres et des savants. Elle rappelle Lhassa où le palais de
Dalaï-Lama, le Potala, se trouve au sommet d'une montagne recouverte de
temples et de monastères. Le trône du Roi du Monde est entouré de deux
millions de dieux incarnés. Ce sont les saints panditas. Le
palais lui-même est entouré des palais des Goiros qui possèdent toutes
les forces visibles et invisibles de la terre, de l'enfer et du ciel et
qui peuvent tout faire pour la vie et la mort des hommes. Si notre folle humanité ne met pas un terme à ses guerres, ils sont capables de transformer la surface de la Terre en un vaste désert. Ils peuvent assécher une mer, faire d'un continent un océan, réduire une montagne à sa plus simple expression. Un
mot, un signe, un commandement, et les arbres, les herbes, les buissons
se mettent à pousser, des hommes vieux et faibles redeviennent jeunes
et vigoureux, les morts ressuscitent. Dans d'étranges
véhicules, inconnus de nous, ils franchissent à des vitesses
incroyables les tunnels souterrains qui séparent une ville d'une autre.
(…) Il n'est pas juste que le bouddhisme et notre religion jaune le
cachent. La reconnaissance de l'existence du
plus saint et du plus puissant des hommes, du royaume bienheureux, du
grand temple de la science sacrée est une telle consolation pour nos
cœurs de pécheurs et nos vies corrompues que le cacher à l'humanité
serait un péché."
"Où étais-tu quand je fondai la terre ?
Parle, si ton savoir est éclairé…
As-tu, une fois dans ta vie, commandé au matin ?
Assigné à l'aurore son poste,
Pour qu'elle saisisse la terre par les bords
Et en secoue les méchants ?…
Les portes de la Mort te furent-elles montrées,
As-tu vu les portiers du pays de l'Ombre ?…
Connais-tu les lois des Cieux,
Appliques-tu leur charte sur la terre ?…
Le censeur de Dieu va-t-il répondre ?" (Job 38 à 40)
"Ne le sais-tu pas ? Ne l'as-tu pas entendu dire ?
YHWH est un Dieu éternel,
créateur des extrémités de la terre.
Il ne se fatigue ni ne se lasse,
insondable est son intelligence." (Isaïe 40.28)
"Le Seigneur seul sera proclamé juste.
A personne il n'a donné le pouvoir d'annoncer ses oeuvres
et qui découvrira ses merveilles ?
Qui pourra mesurer la puissance de sa majesté
et qui pourra en outre raconter ses miséricordes ?
On n'y peut rien retrancher et rien ajouter,
et l'on ne peut découvrir les merveilles du Seigneur.
Quand un homme a fini, c'est alors qu'il commence,
et quand il s'arrête, il est tout déconcerté." (Ecclésiastique 18.1-7)
René Guénon (1886-1951) reprendra à son tour cette thèse, après
avoir rencontré à plusieurs reprises Ossendowski, thèse qu'il
développera en 1927 dans un ouvrage ayant précisément pour titre "Le Roi du monde". Ce Roi est doté d'un pouvoir tout à la fois sacerdotal et royal : "Le
"Roi du Monde" doit avoir une fonction essentiellement ordonnatrice et
régulatrice (...) fonction pouvant se résumer dans un mot comme celui
d'"équilibre" ou d'"harmonie", ce que rend précisément en sanscrit le
terme Dharma : ce que nous entendons par là, c'est le reflet, dans le
monde manifesté, de l'immutabilité du Principe suprême." Pour faire le lien avec les traditions issues des textes bibliques, René Guénon ajoute : "Le
nom de Melchissédec, ou plus exactement Melki-Tsedeq, n'est pas autre
chose que le nom sous lequel la fonction même du "Roi du Monde" se
trouve expressément désignée dans la tradition judéo-chrétienne."
Mais ne nous y trompons pas, Melchisédech n'est que de seconde
importance, parce que rattaché à une tradition secondaire, et non à la
Tradition primordiale : "Le titre de "Roi
du monde", pris dans son acception la plus élevée, la plus complète et
en même temps la plus rigoureuse, s'applique proprement à Manu, le
Législateur primordial et universel." Celui-ci règne sur
la Tradition primordiale pendant toute la durée de ses différents
cycles. Pour René Guénon, le Roi du Monde est donc essentiellement un
principe : "L'Intelligence cosmique qui réfléchit la Lumière
spirituelle pure et formule la Loi propre aux conditions de notre monde
ou de notre cycle d'existence"…
"« Qui donc est le plus grand dans le Royaume
des Cieux ? » Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux
et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez pas à l'état
des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se
fait petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le
Royaume des Cieux. »." (Mat 18, 1-4)
Nicolas Roerich (1874-1947) mène à son tour une longue
expédition en Asie Centrale en 1928. Il séjourne alors plusieurs mois
dans la chaîne de l'Himalaya, et part un jour tout seul sur un poney à
la recherche d'un point du Tibet du Nord où il pense découvrir tout à
la fois l'entrée de l'Agarttha et le Royaume de Shamballa. Quand il
reparaît plusieurs jours plus tard, les Ladakhis de son escorte se
prosternent à ses pieds, pensant que seul un dieu pouvait revenir
vivant de l'endroit où il s'est rendu… Voir à ce sujet le site internet
"Les Portes de l'Ere Nouvelle" (http://erenouvelle.free.fr/index.php3?page=DOSSAGARROER). Roerich relate son voyage dans un livre ("Shamballa"). Il aurait ainsi déclaré à son retour : "Les
étoiles manifestent une évolution nouvelle. A nouveau, le Feu Cosmique
se rapproche de la Terre. A nouveau, l'humanité sera soumise à
l'épreuve. Mais comme la Lumière dévore l'obscurité, ainsi les œuvres
du Malin seront consumées et détruites. Et le Maître Radieux de la
Nouvelle Ere manifestera à tous Sa splendeur."
Daniel Meurois et Anne Givaudan, qui pratiquent la technique du "voyage astral", proposent également une exploration de Shamballa dans Le Voyage à "Shambhalla" (notez le "h" supplémentaire, sans doute pour un surcroît de mystère), "pour ceux qui s'intéressent au travail effectué par les
Maîtres de Sagesse qui oeuvrent au bon déroulement de la libre
circulation des énergies divines sur notre planète, et qui tâchent de
guider l'humanité vers un retour à la Source." Tout un programme…
Les livres sur ce sujet ne manquent d'ailleurs pas, c'est ce que l'on appelle un titre "porteur" :
Voici quelques exemples de ces ouvrages (que nous vous dissuadons
vivement, comme toutes les autres références de ce dossier, d'acquérir
!), avec les commentaires des éditeurs ou des auteurs :
"Shambhala, Oasis de Lumière d'Andrew Tomas"
(Ed. Le Hierarch, Ed. Robert Laffont - coll. "Les Enigmes de
l'Univers", 1976, et Ed. A. Brêthe). Au sommaire : description de
rencontres avec des Maîtres ascensionnés et avec des adeptes en Orient,
visite à une âme désincarnée dans l'Au-delà accompagné de Jésus (décors
imaginaires et réalité), activités spéciales sur le plan physique de la
Terre, etc. On y apprend par exemple que : "Les archives du Vatican
renferment un nombre considérable de rapports précis de missionnaires
catholiques des derniers cent cinquante ans sur les mystérieuses
députations qu'envoyaient les empereurs de Chine aux Esprits des
Montagnes. Ces êtres résidant dans le Nan Chan ou Monts Kun-Lun,
étaient habituellement décrits revêtus de corps solides visibles qui,
cependant, n'avaient ni chair ni sang. Etait-ce des surhommes dans une
enveloppe humaine artificiellement obtenue d'une matière atomique
cristallisée, les soi-disant dieux nés de l'esprit ? Les écrits indiens
parlent du pouvoir dont jouissaient les corps divins de devenir plus lourds et plus denses, plus légers et plus éthérés."
"Le Soleil de Shamballa et l'Ecole de Vie Divine du Maître de Saint-Jean"
d'Olivier Martin. Au sommaire : le Maître de Shamballa, la hiérarchie
du Christ, l'instructeur du monde, l'initiation essénienne et le
Saint-Graal, l'école de Melchisédek et la tradition cosmique, la
fraternité cathare, le Maitreya bouddha, le renouvellement de l'âme du
monde, le chemin vers Shamballa, les sept degrés vers l'illumination,
la science des Trismégistes, etc.. "Pour ceux qui veulent vivre
dans la lumière et communiquer avec le rayonnement de Shamballa, toutes
les méthodes sont données dans ce livre. La plus haute initiation solaire y est décrite et l'enseignement du centre initiatique qui guide les initiés de la planète y est transmis."
"La Fraternité de Shamballa" de Jan Van Rijckenborgh et Catharose de Petri (Ed. Rose+Croix d'Or, Ed. Septenaire). "Comment
ouvrir les sept passages secrets vers Shamballa ? Ni exercice, ni
voyage astral, ni technique occulte ne pourront jamais faire découvrir
ces passages qui mènent, dans le cerveau humain, vers la merveilleuse
pinéale, le siège de la conscience universelle. Pénétrer dans
Shamballa, c'est réorienter totalement le mystérieux sanctuaire de la
tête vers le Grand But, la véritable royauté de l'homme, pour rétablir,
à l'aide de la septuple lumière qui provient du cœur, la liaison avec les sept aspects de la «Terre Sainte», son domaine de vie originel."
"Disciple et Shamballa" de Raymund Andrea (Diffusions Rosicruciennes*). "Shamballa
est un centre d'énergies suprahumaines. C'est aussi le lieu d'où émane
l'orientation et l'évolution de l'humanité. Un ouvrage authentique qui
aidera le disciple déjà avancé sur le Sentier à se préparer à participer à l'œuvre de Shamballa. Cet ouvrage est aussi une source de réflexion sur l'importance de la volonté spirituelle dans la quête initiatique."
"Shamballa"
de Jean-Claude Genel (Ed. des 3 Monts, Ed. Telesma). Au sommaire : La
trame divine de l'histoire humaine - Connais-toi toi-même - Et tu
connaîtras les Shamballas de l'Univers - De Jésus au Christ, les
Initiations de l'Humanité... "L'auteur nous offre ici une réflexion
d'une rare qualité sur ce que représente Shamballa. Il pose les
questions essentielles qui nous permettent de saisir l'aspect spirituel de l'histoire humaine - de Moïse à Bouddha, de Jésus à Maitreya.
Les temps troublés que nous traversons semblent nous inviter à enfin
concrétiser notre réalité mystique dans le quotidien. Ce livre
serait-il le mode d'emploi pour y parvenir ? Peu d'ouvrages ont parlé
avec tant de justesse et d'originalité de Shamballa."
Citons encore :
"Shamballa, la Voie Sacrée du Guerrier" de Chögyam Trungpa, "Des Mondes souterrains au Roi du Monde" de Serge Hutin, "La Vie des Maîtres" de Baird T. Spalding, "Le Secret de Shamballa" de James Redfield, etc., etc., etc. !
Rien de plus "in" désormais que de proposer par exemple des stages de "Thérapie Multidimensionnelle Shamballa". Ne riez pas, ça existe : c'est ce que vous apprendrez sur le site du "Shamballa Multidimensionnel de Saint Germain" (http://conscience.33.free.fr/shamballa.htm), où l'on vous dit tout de l'initiation aux "4 niveaux de la Maîtrise en Reiki de Shamballa", les Maîtres de Sagesse et "l'immortel" comte de Saint Germain ayant "demandé à Hari Das Melchizedek de réintroduire le Reiki originel de Shamballa". Ils souhaitaient, ces bons Maîtres, "offrir, au travers des initiations à Shamballa, une ouverture simple et profonde à l'Energie"…
Bien joué, c'est aussi une ouverture simple et profonde du
porte-feuille des pauvres âmes qui ne manqueront pas de répondre à
l'appel… Mais pourquoi y répondre vous demandez-vous ? Parce qu'ainsi, "vous
pourrez vous reconnecter avec Votre Soi, avec Votre Réalité Supérieure
et travailler à tous les niveaux de votre Etre pour les intégrer sur ce
plan, dans la vie de tous les jours. Bien au-delà d'une technique, Shamballa est une Conscience pour vous inviter à redécouvrir le Maître que vous êtes."
Et le tour est joué, nous sommes de retour à la base de la philosophie
New-Age : vous êtes un Maître en puissance, vous n'avez donc plus
besoin de Dieu….
Aujourd'h